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Sept vertus

SEPT VERTUS

仁 (jin, bienveillance) : il importe de veiller à ne pas provoquer de gêne ou de peine inutile à quiconque, y compris à soi-même, mais, au contraire, de faire preuve de générosité et d’attention envers autrui.

義 (gi, droiture) : le sens du devoir et de la cause juste tempérent le sens de l’honneur de sorte qu’il ne puisse pas devenir le prétexte à n’importe quel conflit. Le respect de soi-même et des autres commande de tenir parole et d’être fidèle à ses engagements comme à son idéal.

礼 (rei, courtoisie) : en se manifestant par une attitude emplie de respect, l’étiquette est l’expression de la politesse. Elle dessine l’espace et le temps dans lesquels le rapport aux autres est harmonieux.

智 (chi, sagesse) : de l’apaisement naît la sérénité qui permet de faire preuve de discernement. On mesure alors la portée réelle des choses et des événements, et non l’importance qu’un jugement troublé par la passion peut leur attribuer.

信 (shin, sincérité) : celui auquel manque l’engagement permanent et univoque dans le travail et le respect des autres se maintient dans l’illusion et ne permet pas aux autres de progresser. Sans sincérité et sans confiance, la pratique n’est qu’une gesticulation vouée à être balayée par la réalité.

忠 (chū, loyauté) : envers son professeur, les règles de son école, ses aînés, son dojo, ses armes et sa tenue, envers le kamiza et, naturellement, envers le fondateur. La loyauté reflète la rectitude du corps et de l’esprit de celui qui pratique.

孝 (, piété) : un respect filial pour l’héritage transmis marque la profonde reconnaissance éprouvée par celui qui reçoit les bases techniques de l’aïkido et accède à son enseignement. •

Aïkido en France

AÏKIDO EN FRANCE

Né au début du siècle sous l’impulsion de maître Morihei Ueshiba (植芝盛平), dont le fils Kisshōmaru Ueshiba (植芝吉祥丸), puis le petit-fils et actuel Doshu Moriteru Ueshiba (植芝守央) et l’arrière-petit-fils (le Waka Senseï) on assumé la succession, l’aïkido a été introduit en France par maître Minoru Mochizuki (望月稔) et maître Tadashi Abe (阿部正) au début des années cinquante ainsi que par maître Masamichi Noro (野呂 昌道) et maître Mutsuro Nakazono (中園睦郎) ; maître André Nocquet fut le premier Français à se rendre au Japon pour y étudier l’aïkido auprès du fondateur. Maître Nobuyoshi Tamura (田村信義), l’un des élèves directs du fondateur, arrivé en France en 1964, diffusa, en tant que délégué pour l’Europe, un aïkido fidèle à l’enseignement qu’il avait reçu.

Tous ces maîtres ainsi que les maîtres Yamagushi, Kobayashi, Hikitsushi, pour ne citer qu’eux, ont formé des experts français 5e et 6e dan qui aujourd’hui contribuent au rayonnement de la discipline.

Hors du Japon, la France est le pays qui compte le plus de pratiquants d’aïkido, avec plus de 60.000 licenciés revendiqués par les deux fédérations.

Pratiqué à l’origine au sein de la fédération de judo, la FFJDA, l’aïkido s’est séparé de cette fédération en 1982 avec la création de deux fédérations: la FFLAB (Fédération Française Libre d’Aïkido et de Budo) qui devint en 1983 la FFAB (Fédération Française d’Aïkido et de Budo), et la Fédération Française d’Aïkido, d’Aïkibudo et Affinitaires (FFAAA ou 2F3A) en 1983.

Agréées par le ministère de la Jeunesse et des Sports en 1985, ces deux fédérations sont régulièrement invitées à la fusion de la part des pouvoirs publics… •

Jiyukempo

JIYUKEMPO

Jiyukempo (Jiyūkenpo - 自由兼補) est une méthode globale au service de la pratique de l’aïkido qui s’aborde de manière souple et raisonnée. Pas de notions de victoire ou de défaite, juste la recherche d’une réponse adaptée à une situation changeante, les outils techniques sont en premier lieu choisis dans des disciplines extérieures à l’aïkido afin de « gagner » du temps mais les principes fondamentaux de l’aïkido restent présents.

La pratique se fait à mains nues ou avec armes, toujours selon le contexte. Jiyukempo n’est pas une méthode de self-défense au premier sens du terme mais doit permettre de trouver naturellement une réponse rapide et adaptée à toute confrontation. •

Iaï

IAÏ

Iaï (居合) peut être rapproché de l’expression japonaise iawaseru (居合わせる) : arriver à être présent. Cette définition donne l’idée majeure du iaï qui serait de réussir dans l’instant.

L’iaï est un art martial japonais qui consiste en l’étude de formes précises (kata) se pratiquant avec un sabre, le katana (刀 litt. : un seul tranchant) porté dans la ceinture, tranchant vers le haut. L’essence de la pratique consiste à dégainer le sabre face en fonction d’une situation et dans un contexte particulier et à trancher dans le même geste.

Cette discipline se pratique essentiellement seul. Le pratiquant apprend à contrôler constamment ses intentions et ses émotions à travers son sabre. La recherche d’un geste épuré, précis, efficace, nécessite rigueur, concentration et patience. La pratique est enrichie par le travail du ken (sabre de bois), qui permet une application dynamique des principes et techniques du iaï avec un partenaire.

Cet art noble et esthétique peut être pratiqué par tous, à tout âge, sans expérience préalable. Philippe Cocconi, 4e dan de la Fédération européenne de iaï, pratique cette discipline depuis 25 ans. •

Aïkido historique

AÏKIDO HISTORIQUE

Morihei Ueshiba est né de Yokoru et Yuki Ueshiba le 14 décembre 1883 à Tanabé au Japon (Honshu).

Durant sa jeunesse, il adhère à un mouvement populaire protestant contre les législations sur la pêche. À la suite à cette adhésion, il décide de démissionner de l’administration. Dès lors il part vivre à Tokyo afin d’y débuter dans le commerce, et travaille quelque temps comme employé dans le district commercial de Nihombashi avant d’ouvrir sa librairie et papeterie scolaire, l’établissement Ueshiba. Pendant cette année, la maladie le terrasse et le contraint à quitter Tokyo pour se reposer dans sa ville natale. Durant cette période de repos au milieu de sa famille, il rencontre Hatsu Itokawa qu’il épousera par la suite.

C’est pendant ce premier séjour à Tokyo que Morihei Ueshiba se lance véritablement dans l’étude des arts martiaux, notamment dans l’étude du jujutsu et du kenjutsu traditionnel (travail au sabre qui influencera très fortement l’aïkido).

En 1904, Morihei est incorporé au 37e régiment de la 4e division d’Osaka. Pendant la guerre russo-japonaise, il est envoyé au front comme caporal, et en revient avec le grade de sergent, pour le courage dont il a fait preuve au combat. Il continue à étudier les arts martiaux durant son temps libre et s’entraîne à Sakai, au dojo de Masakatsu Nakai où il apprend le Yagyu-Ryu jujutsu à l’école.

Durant le mois de mars de l’année 1912, Morihei Ueshiba, sa famille et des habitants de Tanabé se rendent sur Hokkaïdo, répondant au recrutement par l’État de volontaires afin de repeupler l’île de façon à pouvoir défendre le pays contre l’ennemi du Japon à cette époque : la Russie. ➔

Aïkido historique
Takeda Sōkaku (武田惣角), membre d’une famille de samouraï, a consacré sa vie à la diffusion des arts martiaux, en particulier le Daitōryū Jūjutsu (rebaptisé Daitōryū Aikijūjutsu). Takeda fut à la fois l’un des premiers maîtres d’arts martiaux au sens moderne, et l’un des derniers guerriers du Japon traditionnel.

Les volontaires s’établissent au lieu-dit Shirataki, près du village de Yobetsu. Pendant cette période, Morihei Ueshiba fait la connaissance de Sokaku Takeda, célèbre maître du Daito-Ryu.

Il s’entraîne avec lui et obtient un certificat de Daito-Ryu jujutsu. En novembre 1919, Morihei Ueshiba apprend que son père est gravement malade. Il décide de se rendre à son chevet ; sur sa route vers Tanabé, Il apprend qu’Onisaburo Deguchi, maître spirituel de la secte Omoto-Kyo est à Ayabé. Morihei Ueshiba décide de rendre visite à celui-ci. Entre temps, Yoroku Ueshiba disparaît, le 2 Janvier 1920, à l’âge de 76 ans. Morihei vit alors une période de confusion intérieure. Il s’installe auprès du maître spirituel avec sa famille, et fonde son académie, où il enseigne les arts martiaux aux adeptes de la secte. Cette première année de vie à Ayabé est assombrie par la mort des deux enfants du couple Ueshiba : Takemori meurt au mois d’août, âgée de trois ans, et Kuniharu en septembre, à sa première année.

En 1921, Pendant l’année qui suit l’arrivée de Morihei Ueshiba à Ayabé, le nombre d’adeptes de l’Omoto-Kyo augmente considérablement grâce à l’académie Ueshiba, réputée pour la qualité de son enseignement. Cependant la secte doit finalement fermer ses portes, et plusieurs personnes, dont Onisaburo Deguchi, sont arrêtées. Cet incident ne rejaillit pas sur la réputation de l’académie Ueshiba, qui continue de dispenser ses cours. Cette année marque également la naissance du troisième fils du couple.

En 1922, Morihei Ueshiba achète une parcelle de terre dans le pays de Tennodaira qu’il exploite tout en continuant à enseigner à l’Académie. Cette expérience lui permet de concilier la pratique des arts martiaux aux travaux de la terre, cette approche étant pour lui celle qu’il avait toujours recherchée. ➔

Aïkido historique
Ayabé, 1932. Deuxième rangée se tenant à gauche : Ueshiba Morihei, Deguchi Sumiko, Deguchi Onisaburō. Assis entre Onisaburō et son épouse : le neveu d’Ueshiba, Inoue Yōichirō. La bannière est celle du Dainihon Budo Senyo Kai, Organisation de promotion du budo fondée par Deguchi.

Son approche des arts martiaux devient dès lors beaucoup plus spirituelle, il s’absorbe dans l’étude du kotodama. La synthèse qu’il en tire est nommée aïki-bujutsu et connue du public comme le Ueshiba-Ryu aïki-bujutsu.

En février de l’année 1924, Morihei Ueshiba quitte Ayabé en compagnie de Onisaburo Deguchi. Tous deux partent pour la Mandchourie et la Mongolie pour créer un État nouveau, guidé par des préceptes religieux et par la lumière de l’Esprit. Cette entreprise pour le moins utopique les amène à rencontrer Lu Chang K’uei, un puissant seigneur de guerre mandchou. Morihei Ueshiba, qui se nomme désormais Wang Shou Kaoe, fait partie des dirigeants de l’armée autonome du Nord-Ouest, connue sous le nom d’armée indépendante de Mongolie. Victimes d’un complot monté par un autre chef militaire mongol, Morihei, Deguchi et quatre autres personnes (probablement des disciples de ce dernier) sont arrêtés par les troupes chinoises et condamnés à mort. Le gouvernement japonais parvient à obtenir leur libération.

De retour au Japon, Morihei reprend son rythme de vie, partagé entre l’enseignement qu’il donne à l’Académie Ueshiba et le travail qu’il effectue à la ferme. Morihei est intéressé par le sojutsu, technique de la lance ; une des armes les plus utilisées dans les arts martiaux chinois, fréquemment employée par les héros des contes de ce pays. Il conserve nénamoins de profondes séquelles de ses expériences en Mandchourie.

En 1925, le terme aïki-bujutsu (technique martiale de l’aïki) cède sa place à l’aïki-budo (voie martiale de l’aïki). L’aïki-budo commence à toucher un public nouveau, dont de célèbres pratiquants d’arts martiaux, comme l’amiral Takeshita, qui invite Morihei Ueshiba à Tokyo. Il réside quelques temps auprès de celui-ci, et enseigne aussi les arts martiaux (pendant 21 jours) au palais du prince héritier. ➔

Aïkido historique

Lors d’une nouvelle invitation de l’amiral Takeshita à Tokyo, Morihei Ueshiba est prié d’enseigner son art à la cour et à la famille impériale, mais aussi à certains officiers et à quelques grands noms des milieux financiers. Ce séjour se prolonge (Il est difficile d’ignorer les exigences de la famille impériale), mais durant l’été Morihei Ueshiba tombe malade et est forcé de repartir pour Ayabé.

Après une troisième inviation de l’amiral Takeshita, il prend la décision de s’établir définitivement à Tokyo et de se consacrer à l’enseignement des arts martiaux. La construction d’un nouveau dojo commence en 1930 ; Morihei Ueshiba enseigne dans une salle de fortune en attendant la fin des travaux. En octobre de cette même année, il reçoit la visite de Jigoro Kano, créateur du judo, maître du Kodokan. Impressionné par le travail de Morihei Ueshiba, Jigoro Kano decide de lui confier deux de ses meilleurs élèves, Jiro Takeda et Minoru Mochizuki. La même année encore, à la demande du major-général Makoto Miura, Morihei Ueshiba devient instructeur à l’académie militaire de Toyama.

À partir de 1931 et pendant les dix années qui suivent, l’aïki-budo connaît sa première période faste ; c’est l’époque de Hisao Kamata, de Hajime Iwata, de Kaoru Funabashi, de Tsutomu Yugawa, de Rinjiro Shirata, et du « Dojo de l’Enfer », surnommé ainsi pour l’intensité de ses entraînements (Le gigantesque dojo Kobukan comprenait 80 tatamis, il existe toujours aujourd’hui).

Morihei Ueshiba devient président de l’Association japonaise pour la Promotion des Arts martiaux. Vers le milieu des années trente, il est déjà célèbre, non seulement pour sa maîtrise des arts martiaux japonais, mais aussi (et surtout) pour sa conception de l’union de l’esprit, de la pensée et du corps qu’il essaye de mettre en application dans son école. ➔

Aïkido historique

C’est à partir de cette époque que l’État décide d’inclure l’aïki-budo dans le Butokukai (corps gouvernemental réunissant tous les arts martiaux). Mécontent de cette décision qui restreint son art à une section du Butokukai, et afin de préserver l’esprit budo qu’il avait créé, Morihei Ueshiba établit une nouvelle base à l’organisation de l’aïkido dans la préfecture d’Ibaragi et se retire avec sa femme à Iwama, où il vit jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale (guerre pour laquelle il n’a par ailleurs aucune sympathie : Morihei Ueshiba ne s’impliquera à aucun stade du conflit). Il laisse a son fils la charge des dojos Kobukan dans le Wakamatsu-cho.

À la fin de la guerre, le gouvernement autorise le rétablissement de l’Aïkikai, mais certains statuts sont modifiés. Le dojo principal de Tokyo est rebaptisé Dojo Ueshiba, « centre mondial de l’aïkido » ; mais malgré cela Morihei Ueshiba reste vivre à Iwama.

En janvier 1950, les techniques du « Fondateur » sont présentées dans le film Le Maître de l’aïkido. Plus tard dans la même année, Morihei Ueshiba et Yosaburo Uno sont honorés du shijuhosho, décerné par l’empereur en personne.

En 1968, Morihei fait une démonstration, au Kokaido à Hibiya, pour fêter la réalisation du nouveau Hombu Dojo ; c’est la dernière apparition qu’il fait en public pour représenter l’aïkido. Son état de santé se déteriore très vite à partir du mois de janvier 1969, et il s’éteint le 26 avril de la même année. •